Oct 08 2008
Cloud on fire!
Tadaaaam, voici un premier post parlant (un peu) technique !
Je vais parler de quelque chose qui m’a passionné ces derniers temps et dont – je pense – personne ne peut/doit se passer aujourd’hui : the cloud life, ou comment vivre sa vie de geek (en assumant qu’aujourd’hui, tout le monde l’est plus ou moins) en ayant toutes ses données sur le net. Comme j’ai un peu galéré pour trouver les bons outils et les mettre en place ensuite, je me suis dis qu’une petite explication pourrait pousser à certains à se lancer.
Pour agrémenter ce loooong texte, je propose un petit Kings of Leon – Sex On Fire (d’où le titre du post) :
Kings of Leon – Sex On Fire
Depuis que j’ai mon MacBook, j’ai largement changé mes habitudes d’utilisation pour pouvoir être le moins possible tributaire de l’ordinateur que j’utilise et de l’endroit où je me trouve. Il faut donc être en mesure d’avoir un maximum de ses données in-the-cloud (dans les nuages) et se servir de web applications.
Je vais parler de 3 facettes de la cloud life : Email, données et musique.
Email
C’est évidement le plus important. Je ne sais pas si il y a encore des gens qui utilisent des hard softs comme Outlook ou Thunderbird pour la gestion personelle de leur emails, mais ça me parait aujourd’hui totalement dépassé. C’est vraiment indispensable de pouvoir accéder partout et tout le temps à ses emails ainsi qu’aux archives.
Gmail est un must have, ce n’est plus à démontrer. Simplicité, rapidité, tags, recherche, chat… C’est clairement l’application que j’utilise le plus. Tout le temps, partout.
Mais Gmail, c’est aussi Google Apps, un service de centralisation des outils mails, documents, calendrier etc… pour les entreprises. Il y a la version gratuite, qui regroupe en fait les outils Google gratuits pour les particuliers (Gmail, Google Calendar, Google Docs, Chat) et la version business qui propose des services de sécurité en plus (Single Sign-on, SSL…).
Je me suis donc amusé récemment à configurer Google Apps de façon à ce qu’il soit le gestionnaire email de mes domaines stig . fr et benjaminhardy . fr. J’aurais aimé pouvoir transférer mon compte Gmail en compte Google Apps mais ce n’est pas possible. Tant pis, le compte Google Apps sera donc créé juste pour le fun, j’ai trop utilisé mon compte Gmail pour pouvoir le transférer… Il m’est indispensable.
Donc, il faut d’abord créer un compte Google Apps. Puis valider les noms de domaines auquels vous voulez assigner ce compte et ce, de deux façons : soit en créant une variable CNAME dans la configuration DNS de l’hébergeur (Gandi pour ma part), soit en uploadant un fichier HTML sur l’hébergeur du site en question. La procédure en pas-à-pas de Google est très claire et très bien faite, pas d’inquiétude :)
Un fois le domaine validé par Google (ça prend quelques minutes), il faut paramétrer Google Apps pour qu’il soit gestionnaire des emails du domaine ciblé. Pour cela, il faut changer les MX records du DNS de l’hébergeur du domaine (et pas de l’hébergeur web). Pour mon cas, Gandi est mon hébergeur de domaine et NFrance est mon hébergeur web, c’est donc chez Gandi que je dois faire les modifications. Ma configuration DNS ressemble alors à cela :
J’ai donc ajouté 6 entrée MX pointant vers Google. Les variables ftp et www pointent évidement vers mon hébergeur web, NFrance. Et voilà, c’est tout. La vérification prendra environ 48 heures. Le compte Google Apps est désormais full opérationnel ! Ce sera au travers de cet interface que la gestion des emails pointant sur @ stig . fr se fera.
Et miracle, il est possible de gérer au travers de ce seul compte Google Apps plusieurs domaines en rajoutant des alias de domaines (et en répétant toute cette procédure de vérification du domaine et des MX records). Sur mon exemple, j’ai donc rajouté le domaine benjaminhardy . fr en alias de mon domaine principal stig . fr :
Et là vous vous dîtes, c’est possible d’avoir plusieurs adresses sur chaque domaine ? Et oui, facilement même. Vu que ce service est destiné aux entreprises ou organisations ayant plusieurs membres, il suffit de créer des comptes utilisateurs supplémentaires. Si vous en avez pas l’utilité vu que vous êtes tout seul dans votre organisation (comme moi :D) il faut simplement créer des nicknames par dessus l’utilisateur principal.
J’ai donc un utilisateur, stig, et 2 nicknames, benjamin et benjaminhardy. Ce qui me donne 6 combinaisons d’emails : stig @ stig . fr, benjamin @ stig . fr, benjaminhardy @ stig . fr, stig @ benjaminhardy . fr, benjamin @ benjaminhardy . fr, benjaminhardy @ benjaminhardy . fr.
Voilà, complètement inutile mais complètement important :) Mais le jour où vous aurez besoin, pour une petite ou moyenne entreprise ou une organisation, d’avoir un gestionnaire d’emails avec un ou plusieurs domaines et plusieurs utilisateurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire :)
Petit bonus : j’ai donc créé mon compte Google Apps qui gère mes 2 domaines, et 6 adresses emails différentes. Hors j’ai dis tout à l’heure que je ne voulais absolument pas quitter mon compte Gmail de base vu que j’ai tout dessus.
Comment faire ? Facile, en rajoutant sous Google Apps une redirection automatique vers mon adresse Gmail d’origine, et en rajoutant les comptes dans ce dernier pour pouvoir envoyer des emails sous ces alias (bon là j’en ai mis que 2, je vais pas en utiliser 6..):
Fiouuuu. On va reprendre des forces avec un petit King Of The Rodeo :p
Kings of Leon – King Of The Rodeo
Données
Haaa, la partie intéressante. Comment sauvegarder ses données en ligne, en tout sécurité, rapidement et facilement ? Non parceque personellement, si il arrivait un jour que je perde une partie voire toutes mes données (documents et photos surtout), je passerai le reste de ma vie à retourner des tables ! :D Sérieusement, c’est pratiquement vital… Un vol de portable, un cambriolage ou tout simplement un crash de disques durs est vite arrivé…
Alors après avoir laborieusement trié mes données, j’en arrive à avoir 7 Go de données diverses, environ 25 Go de photos (l’Australie c’est quasi la moitié ^^), il fallait faire quelquechose. C’est évidement sauvegardé sur des disques durs extérieurs qui ne bougent pas de la maison, mais ça protège pas du problème matériel ou du cambriolage !
C’est là qu’intervient Amazon avec son service S3 (Simple Storage Service), du stockage en ligne principalement destiné aux développeurs. Il n’y a pas de limitation de volume, le tarif est très attractif ($0.15 / GB par mois – on paye ce qu’on utilise), c’est Amazon (donc très peu de chance que la boite coule) et c’est ultra sécurisé. Donc en gros, pour 30 Go de données sensibles (dans le sens vraiment importantes pour moi) ça va me revenir à moins de $10 – soit un peu plus de 5 euros – par mois. Pas cher payé pour avoir l’esprit tranquille (nos données sont entre de bonnes mains) et la possibilité d’y accéder partout et n’importe quand.
Le seul truc c’est que Amazon ne fournit pas de soft pour gérer le transfert des données : ils ne proposent seulement que le stockage, point barre. Et là tadaam, l’utilité d’un logiciel comme JungleDisk se fait sentir. Alors il faut le payer, soit, c’est $20 (à vie). Mais c’est vraiment ultra simple à utiliser. C’est du WebDAV en client lourd très user-friendly. Il suffit de sélectionner les dossiers à uploader sur un ou plusieurs buckets (ça s’invente pas :D) : en gros ce sont des blocs où sont copiées les données, on peut foutre un bucket sur des serveurs en Europe ou un autre aux Etats-Unis si vraiment on est parano :)
Bref, on sélectionne les dossiers à sauvegarder, et hop !
Après le premier backup, il suffit d’en refaire un de temps en temps (ou de l’automatiser), et seuls les fichiers modifiés, ajoutés ou supprimés seront synchronisés (c’est le principe de rsync). Pour éviter les boulettes il est aussi possible de garder les versions précédentes des fichiers modifiés et supprimés.
Ensuite, pour accéder aux fichiers, JungleDisk monte un disque virtuel où il est possible de browser et récupérer les fichiers de son ou ses buckets depuis son Finder (ou Explorer sous Windows).
Voilà, simple non ? Franchement, pour l’instant j’y ai sauvegardé environ 7 Go, ce qui a pris assez longtemps (environ 20h) à cause du nombre de fichiers et de la limitation en upload chez moi (100K/s). Mais une fois que c’est fait, c’est fait. Et avoir enfin l’esprit tranquille à ce sujet, ça fait du bien !
Musique
Pour finir, comment sauvegarder ses mp3 préférés ? Deux outils sont là pour ça, je les ai pas encore essayés mais ça ne saurait tarder : Bandwagon (seulement pour Mac), qui permet d’uploader sur un serveur FTP ou sur un bucket Amazon S3 (tiens donc) toute sa librairie, ainsi que les metadatas d’iTunes. Ensuite la synchronisation peut se faire entre un nombre illimité de Macs. Le prix ? $2 par mois. Mais il faut évidement payer aussi le stockage sur Amazon S3, ce qui peut revenir assez cher quand on a une grosse librairie… Bref c’est pas encore pour moi, ça me reviendrait à pratiquement $20 par mois, encore trop cher. Et puis ils sont quand même sauvegardés sur disque dur externe. C’est moins vital que les documents persos et les photos. Pour ceux qui veulent vraiment, je conseillerais Mozy, dans le même style que Amazon S3 sauf qu’ils proposent un plan à $5/mois pour un stockage illimité (je l’utilise pas pour mes fichiers persos parceque j’ai moins confiance en Mozy que Amazon, ensuite je l’utilise pas pour sauvegarder ma musique parceque ce serait troooooop long).
En passant je tiens à souligner le ton décalé du site web de Bandwagon : j’adore !
L’autre utilitaire est Anywhere.FM, qui permet d’uploader sa librairie complète iTunes, sans limite, gratuitement (y’a pas de piège !). Seuls les formats mp3 sont acceptés. Ensuite, il suffit de se logger sur le site et de jouer sa musique sur leur interface web qui ressemble fortement à iTunes. Bien pratique quand on est en vadrouille et qu’on ne transporte pas toute sa playlist dans son Mac ! Le must, c’est qu’une application comme Simplify Media qui permet de streamer la musique depuis Anywhere.FM sur son iPhone ^^
Et voilà, on a presque fait le tour.
Pour être complet, il faut quand même parler de la sauvegarde des documents sur Google Docs qui est certainement le meilleur outil actuellement pour cela. Surtout lorsqu’il est couplé avec Precipitate de Google, qui permet d’indexer dans Spotlight les fichiers présents sur son compte Google Documents, ce qui en facilite largement la recherche.
J’upload la plupart de mes photos sur mon compte Picasa (il y a aussi Flickr mais je reste fidèle à Picasa :). Mais ce système ne peut pas être en lui-même une sauvegarde de toutes les photos, on ne veut pas forcément tout mettre en ligne publiquement. D’où la véritable sauvegarde sur Amazon S3.
Il y’a aussi le bookmarking online de delicious et Digg. J’ai bien un compte mais je suis un mauvais geek et n’utilise pas trop – voire du tout – ces 2 services : c’est complètement redondant avec mon utilisation de Google Reader qui me sert ENORMEMENT – je ne jure que par ça. Le système de Starred Items et Shared Items avec ses amis remplace totalement delicious. Et Digg est remplacé par tout les blogs/sites que je suis tout les jours : une info importante, décalée ou croustillante (un buzz quoi) ne peut pas m’échapper !
Conclusion : si demain je me fais voler mon portable, je n’aurai rien perdu. Tout est sauvegardé sur disques durs externes (Musique, clips, concerts, divx, séries…) et surtout sur Amazon S3 (documents, photos) et Gmail.
- Tous les lauriers reviennent à Paul Stamatiou (étudiant de 22 ans & co-fondateur de Skribit) : je me suis inspiré grandement de ce post génial. Et je conseille fortement son blog, un délice. C’est génialement bien écrit, toujours intéressant et très pointu. Son meilleur article ? Ici ^^
- Un autre article complémentaire très intéressant parlant de Amazon S3 et JungleDisk se trouve ici.


























Beau billet en effet.
Anywhere.FM me fait penser à Deezer, mais je n’ai trouvé nulle part la réponse à ma question : est-il possible de downloader les fichiers que l’on a uploadé chez eux ?
Ca, ce serait la killer app ! Car si j’aime avoir ma playlist géante partout où il y a du web et des enceintes, il est appréciable de pourvoir récupérer sa musique sur un balladeur…
Bravo pour ce billet, il est tout simplement hallucinant !!
Pour ma part j’utilise http://www.steekr.com/ pour faire un backup de mes données de boulot (pas bcp de volume), il propose un logiciel client qui automatise la synchro qui n’est pas mal du tout.
Voilà, c’était ma petite pierre à l’édifice ;)
@Enikao : Je crois pas qu’on puisse télécharger les fichiers uploadés sur le site, ça reste du streaming… Ce qui est largement suffisant pour une utilisation de nomade : ça prend pas de place, c’est dispo n’importe où et quand (tant qu’on à une connection internet) et aussi en 3G.. Et puis le but de la “cloud life”, c’est de ne plus avoir à downloader :)
@Shigaepouyen (merci le ctrlc/v :) : Merci, je connaissais pas :) Par contre, j’en reviens à ce que je disais : je suis surement parano, mais mettre des données perso qui ont une seule copie sur un service comme ça, ça me fait flipper. Et si demain ils mettent la clé sous la porte ?
[...] stig » Cloud on fire!tags: stockage, en, lignePosted from Diigo. The rest of my favorite links are here. [...]
[...] Cloud on fire! [...]
“Et si demain ils mettent la clé sous la porte ?”
Alors il y aura plus ni le service 9Giga de Neuf Telecom, ni le service “Ma Clé” de Voila.fr, ni le service de Backup fourni avec l’antivirus Kaspersky, ni le service Alice Back-Up… et j’en ublie certainement d’autres. (la société Steek qui est derrière a plein de FAI comme clients -> risque faible que le service disparaisse du jour au lendemain). Mais faut pas croire que le fait qu’amazon gère le stockage assure une stabilité sur le long terme : AOL compte lâcher son service de stockage XDrive à la fin de l’année…
@PS : OK pour Steek, je ne savais pas qu’ils étaient derrière autant de services. Pour Amazon, c’est un tout autre calibre que AOL concernant les services web… Aucune comparaison possible !
Quel beau billet! :)
Une petite remarque pour Picasa: effectivement ce n’est pas une vraie solution d’archivage mais on peut faire des albums non publiques.
Moi non plus je ne me sers pas trop de delicious, et pas du tout de Digg, mais recriweb qui m’a amené ici m’a fait découvrir ShiftD dont je suis très content (version desktop et iPhone)
http://www.recriweb.net/2008/10/shifd-un-carnet-de-notes-online.html
@jcfrog : merci ! effectivement pour picasa il y a la fonction albums non publiques mais.. c’est seulement l’url de l’album qui est caché.. suffit d’un coup de pas de chance pour que quelqu’un tombe dessus par hasard.. Je vais tester ShiftD ! Ca a l’air assez similaire à l’extension Read It Later que j’utilise pour l’instant d’ailleurs
Bonjour,
merci pour ce travail pédagogique, mais je reste face à un problème très c..,
quand tu dis : je fais pointer mes MX vers gmail
peux-tu stp préciser,
perso, je suis la procédure de google, mais mon gestionnaire de domaine me demande de remplir une case DESTINATION et là j’avoue je ne sais pas quoi indiquer
Gogle me donne les MX et les priorité mais ne m’indique pas quelle ifo rentrer dans cette case destination.
Peux tu me le dire toi ?
merci de ton aide
La destination des MX correspond à la colonne data de mon screenshot, donc par exemple “ASPMX.L.GOOGLE.COM.”
La syntaxe est expliquée ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Domain_Name_System
Bon courage !